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Lvmh : la guerre en iran érode le luxe, arnault subit la plus grosse perte

Le géant du luxe français LVMH affiche un début d'année catastrophique, avec une chute de 28% de son cours en premier trimestre. Une décrue sans précédent, la plus forte depuis la crise de 2008-2009, la pandémie de 2020 ou le krach de 2001. Cette performance, bien loin de refléter l'impact direct du conflit en Iran, révèle une perte de confiance des investisseurs face aux perspectives économiques.

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La confiance s'effrite, le luxe en souffre

Les analystes pointent du doigt la montée des anticipations de stagflation, qui pèsent sur le pouvoir d'achat des consommateurs de luxe. LVMH est particulièrement vulnérable, dépendant de clientèle aisée, moins encline à dépenser en période d'incertitude. De plus, le groupe est fortement investi dans le secteur du vin et des spiritueux, notamment avec une situation délicate pour le cognac Hennessy, affecté par la baisse de la demande ces trois dernières années.

La chute du cours de LVMH reflète aussi la baisse du patrimoine de son PDG, Bernard Arnault, qui a perdu 55,9 milliards de dollars au premier trimestre. Une perte qui le place au second rang des personnes les plus riches du monde, juste derrière le fondateur d'Oracle. Sa fortune s'amasse désormais autour de 152 milliards de dollars.

D'autres acteurs du luxe subissent également les conséquences : Tiffany & Co en Amérique du Nord, et le groupe suisse Richemont, dont les actions ont chuté de près de 20% à Zurich. Hermès, le créateur du sac Birkin, a également perdu près d'un quart de sa valeur. Cette tendance générale pèse sur la performance de la région européenne, avec des baisses notables chez Novo Nordisk et SAP.

LVMH a pourtant connu des années plus difficiles. Alors que les crises de 2001 et 2008 ont été marquées par des pertes, le groupe a enregistré une croissance de 23% en 2020, au plus fort de la pandémie. Les premières estimations des résultats du premier trimestre, attendues fin avril, suggèrent une hausse de 0,65% du chiffre d'affaires de la division mode et maroquinerie, qui comprend les marques phare Louis Vuitton et Christian Dior Couture. L'entreprise ne détaille pas ses performances au Moyen-Orient, mais la direction financière avait précédemment souligné un fort potentiel de croissance dans cette région, qui représentait alors 6% du chiffre d'affaires mondial.

L'entreprise repose désormais davantage sur les marchés américain et asiatique, où les revenus ont stagné ou diminué l'an passé. Ces régions, bien que non directement touchées par le conflit en Iran, sont fortement impactées par les pressions inflationnistes liées au blocus de l'Ormuz, qui détourne les capitaux vers des biens de première nécessité.

John Plassard, directeur de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion, souligne que LVMH est devenu un baromètre de la confiance globale. Sa performance ne reflète pas tant l'exposition au Moyen-Orient que l'incertitude ambiante, la pression sur la richesse et la crainte d'une récession. La guerre en Iran n'est qu'un catalyseur d'une crise plus profonde.

La situation actuelle confirme une tendance : le luxe, symbole de prospérité, est particulièrement sensible aux chocs géopolitiques. Les consommateurs, face à l'incertitude, privilégient désormais la prudence.

LVMH a donc bien plus à craindre d'un contexte économique incertain que d'une simple fluctuation des prix du pétrole. Les résultats du prochain trimestre seront déterminants pour évaluer la capacité du groupe à naviguer dans ces eaux troubles.