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France abandonne windows : une révolution technologique en marche

Un virage radical s’annonce pour l’administration française. Le gouvernement a officialisé son intention de remplacer intégralement les systèmes Windows par Linux d’ici la fin de l’année, un projet colossal qui risque de bouleverser l’ensemble de la machine administrative.

La soberaineté numérique au coeur de la stratégie

La soberaineté numérique au coeur de la stratégie

Cette décision, annoncée par la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM), vise à renforcer la souveraineté technologique de l’État et à limiter sa dépendance vis-à-vis de géants américains comme Microsoft. Un enjeu majeur dans un contexte géopolitique de plus en plus sensible. L’objectif ? Un contrôle total sur les données de millions de citoyens.

Chaque ministère, y compris les opérateurs, devra élaborer un plan précis avant l’automne, couvrant des domaines clés : postes de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et réseaux. Ce n’est pas une simple migration, mais une refonte profonde.

Fabrice Epelboin, expert en cybersécurité, met en garde : « Changer de système d’exploitation n’est pas une simple substitution. C’est une transformation fondamentale qui impacte les infrastructures, les agents publics et la façon dont tout un pays travaille. » Il souligne que la sécurité est une préoccupation primordiale, car le logiciel propriétaire expose les données à des risques potentiels.

Le passage à Linux n’est pas une nouveauté pour la France. La Gendarmerie Nationale utilise depuis plusieurs années des systèmes basés sur Linux, prouvant que la transition est réalisable. Mais l’ampleur du défi est inédite. Il s’agit de déployer ce modèle sur l’ensemble de l’administration : ministères, services publics, systèmes internes qui fonctionnent depuis des décennies sur Windows.

3,3 millions de téléchargements de Linux : le système open source s’impose et décuple les utilisateurs de Windows 11. Un phénomène qui pourrait freiner le déploiement de cette stratégie ambitieuse.

Anne Le Hénanff, déléguée pour l’Intelligence Artificielle et la Technologie Digitale, insiste : « La souveraineté numérique n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique. » L’Europe doit se doter des moyens de concrétiser ses ambitions, et la France se positionne comme un leader en accélérant la transition vers des solutions autonomes et interopérables.

Si l’Allemagne et l’Espagne explorent déjà des systèmes ouverts, la France s’engage dans une démarche beaucoup plus aboutie. Microsoft reste un acteur majeur en Europe, mais la question demeure : comment l’Union européenne se positionnera-t-elle face à cette rupture technologique ? Il faudra attendre fin 2026 pour avoir une première évaluation de l’adoption de Linux, une transition qui s'annonce longue et complexe. Mais la volonté est claire : la France ne sera plus tributaire des géants du numérique.