En espagne, les jeunes sont plus pauvres que leurs parents à la même âge
Le Fonds espagnol de garantie des dépôts (FROB) publie sa dernière enquête financière sur les ménages (EFF) pour l'année 2024. Les résultats sont alarmants : la génération Z, née après 1990, est plus pauvre que les générations précédentes à la même âge.

La propriété immobilière, un jeu réservé aux aînés
La valeur nette médiane des ménages dont le chef de famille a moins de 35 ans est de 22 900 euros, en baisse de 72% par rapport à 2008. La propriété immobilière, qui représentait 89,1% des actifs des ménages en 2008, reste le principal élément de la richesse, mais son accès s'est fort dégradé pour les jeunes. En 2008, 65,8% des moins de 35 ans étaient propriétaires d'un bien immobilier, contre 36,7% en 2024.
Cette évolution ne s'explique pas par une baisse du revenu, mais par la combinaison de salaires qui avancent lentement, d'inflation accumulée et d'un marché de l'immobilier de plus en plus exigeant.
Les jeunes sont ainsi confrontés à une génération plus riche, qui a pu bénéficier d'une meilleure rentabilité de ses actifs et d'une capacité d'épargne plus importante.
La Fondation Afi, qui a analysé les finances des ménages espagnols entre 2000 et 2022, décrit ce processus comme une « neige boule ». Les ménages plus âgés, qui partaient déjà de positions patrimoniales plus solides, ont pu profiter d'une meilleure capacité d'épargne et d'une rentabilité plus élevée de leurs actifs, tandis que les jeunes sont restés piégés entre l'augmentation des prix de l'immobilier et leur incapacité accrue à accumuler du patrimoine.