Crise boursière : le nasdaq 100 bascule dans la zone de correction – et l'iran en est la cause.
Le Nasdaq 100 est officiellement entré en territoire de correction, marquant sa cinquième semaine de pertes consécutives. La guerre en Iran a exacerbé les inquiétudes des investisseurs, entraînant une vague de ventes qui a ébranlé le marché technologique.

La tension monte, les actions s'effondrent
L'indice, composé de géants de la tech, a chuté de 2% le vendredi, atteignant son plus bas niveau depuis sept mois, environ 23 138 points. Cette baisse de 11% depuis son sommet historique de 26 119 en octobre, franchit le seuil d'une correction boursière, définie comme une baisse de 10% ou plus par rapport à un sommet récent. Le Dow Jones Industrial Average et le S&P 500 ont également suivi cette tendance, entrant eux aussi dans cette zone de correction.
La chute du Nasdaq 100 est particulièrement préoccupante car elle s'inscrit dans une période déjà difficile pour les actions, en particulier celles du secteur technologique. L'anxiété concernant les dépenses d'investissement continues et les craintes d'un impact négatif de la Technologie sur certaines entreprises et l'économie en général pèsent lourdement.
Le secteur de la mémoire, autrefois pilier de la croissance technologique, a subi une forte pression à la baisse, amplifiant la tendance générale. La situation s'est considérablement aggravée depuis le début du conflit entre les États-Unis et Israël et l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole.
La crainte d'une inflation accrue, conséquence directe des prix du pétrole plus élevés, menace de freiner la croissance économique américaine, qui montre déjà des signes de ralentissement. Le vendredi, le Brent a dépassé les 110 dollars par baril, malgré les tentatives de désamorçage diplomatique initiées par Donald Trump.
Les tensions persistent au détroit d'Ormuz, avec des rapports indiquant que l'Iran a rejeté les demandes de passage de navires chinois. Cette situation illustre la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales et les risques géopolitiques qui pèsent sur l'économie.
« Les principaux indices sont en passe de leur cinquième semaine de baisse consécutive, une série qui n'avait pas été observée depuis le difficile exercice 2022 », souligne Aaron Hill, analyste principal du marché chez FP Markets. Il ajoute que le Nasdaq 100 se rapproche du « territoire de la 'Croix de la Mort' », signal technique qui précède souvent une nouvelle chute. Pour Hill, la seule voie vers une reprise est une baisse des prix du pétrole.
Paul Hickey, cofondateur de Bespoke Investment Group, note que le Nasdaq est sur le point de connaître sa dixième semaine de pertes sur les onze dernières. Une telle persistance à la baisse est rare dans l'historique de l'indice. La volatilité s'installe, et les investisseurs semblent préférer éviter les prises de risque.
Le sentiment général est à la prudence. Les données économiques américaines, bien que mitigées, ne rassurent guère. Les perspectives de croissance sont assombries par l’incertitude géopolitique et les pressions inflationnistes. Le marché attend désormais de voir si les efforts diplomatiques parviendront à apaiser les tensions, mais pour l'instant, la correction semble loin d'être terminée.
