Chatgpt: openai bloque les demandes d'imitation d'auteurs
OpenAI a radicalement modifié
la manière dont ChatGPT réagit aux requêtes visant à reproduire le style d’auteurs spécifiques. Finis les tentatives de faire écrire au style de Stephen King ou de J.K. Rowling – le chatbot se contente de proposer une ambiance générale, sans jamais s’approcher de la voix distinctive de ces créateurs.
Un tournant juridique et éthique ?
Ars Technica a confirmé que le modèle refuse désormais de générer des textes imitant le style d’auteurs, qu’ils soient encore vivants comme Amy Tan ou décédés tels que Charles Dickens. Cette décision, uniformément appliquée, représente un changement significatif par rapport aux pratiques précédentes. OpenAI se protège désormais d’une vague de poursuites potentielles menées par des écrivains qui estiment que l'entraînement des modèles sur leurs œuvres constitue une violation de leurs droits d’auteur.
La loi américaine protège l’expression concrète d’une œuvre – le texte exact – et non le style abstrait d’un auteur. Cependant, une faille existe, et les écrivains pourraient s'appuyer sur cet argument si le texte généré est suffisamment similaire à l’œuvre originale.
Face à cette menace juridique croissante, la fronde des auteurs se précise. La Authors Guild, en particulier, conseille à ses membres de ne pas utiliser l’IA pour imiter d’autres auteurs à des fins lucratives, soulignant les risques de litiges pour concurrence déloyale ou violation des droits d’auteur. Cette prudence s’explique en partie par le récent ‘AI and Literary Imitation Research Note’ publié par OpenAI, qui montrait que le modèle était disposé à imiter les styles de certains auteurs décédés, mais pas ceux de créateurs contemporains.
Cette nouvelle politique, bien que pragmatique, soulève des questions fondamentales sur la nature de la créativité et la propriété intellectuelle. L’utilisation de ChatGPT pour imiter des styles littéraires, même sans intention de plagiat, semble se situer dans une zone grise juridique et éthique. La décision d’OpenAI, certes, représente une réponse concrète à la pression des auteurs, mais elle ne résout pas fondamentalement le problème de la protection des droits d'auteur dans l'ère de l'intelligenceartificielle. On peut s'attendre à une intensification des débats et des actions en justice dans les mois à venir. En l’état actuel des choses, ChatGPT se positionne comme un outil d'assistance à l'écriture, mais pas comme un substitut à l'originalité et à la voix unique de l'auteur.
