Washington assouplit les sanctions sur le pétrole russe face aux tensions au moyen-orient

Le département du Trésor américain a annoncé jeudi un assouplissement temporaire des sanctions sur le pétrole russe, une décision visant à atténuer les perturbations de l'offre mondiale causées par les conflits en Moyen-Orient. Cette mesure, qui autorise la vente et le transport de pétrole brut russe jusqu'au 11 avril, intervient alors que la Russie tire profit de son commerce énergétique via une « flotte fantôme » de pétroliers.

Un allègement limité pour moscou, malgré les enjeux géopolitiques

Cette décision, bien que temporaire, représente un coup de pouce financier pour le Kremlin, dont les revenus énergétiques ont constitué près de la moitié de son budget fédéral avant 2022. Selon une analyse de l'ONG allemande Urgewald, les exportations de combustibles fossiles russes ont culminé à 587 millions de dollars par jour dans la semaine suivant les attaques en Iran, soit une augmentation de 14 % par rapport à la moyenne de février. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a reconnu que la mesure bénéficierait à la Russie, mais a souligné que les gains seraient limités, car la plupart des revenus proviennent des taxes prélevées au point d'extraction.

Parallèlement, la situation en Moyen-Orient s'envenime. Des frappes aériennes américano-israéliennes massives contre l'Iran le 28 février ont été suivies des promesses de Téhéran de bloquer le détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale pour le pétrole du Golfe Persique. Le trafic dans le détroit a chuté, avec plus d'une douzaine de rapports d'attaques contre des navires commerciaux. L'Iran a réaffirmé sa détermination à bloquer le détroit, renforçant ainsi les craintes d'une crise énergétique mondiale.

Les États-Unis ont récemment accordé une exemption temporaire pour l'achat de pétrole russe, mais la Russie a su rediriger ses exportations vers l'Asie, notamment la Chine et l'Inde, où le pétrole russe à prix réduit est devenu une source de demande importante. Le Kremlin consacre désormais une part considérable de son budget à la défense, atteignant 6,3 % de son PIB en 2025 – une somme considérable qui pourrait financer des milliers de drones Shahed-136.

La situation est particulièrement préoccupante pour l'Ukraine et ses alliés, qui craignent que la Russie ne puisse continuer à financer sa guerre. Le président Trump a mis en garde l'Iran contre toute obstruction supplémentaire, mais Téhéran reste inflexible, semant le chaos dans le détroit. La nouvelle du maintien du blocage du détroit par le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, ajoute une nouvelle couche d'incertitude à une situation déjà explosive.

Cette décision américaine, bien que présentée comme une mesure pragmatique pour stabiliser les marchés, risque de prolonger l'instabilité géopolitique et de complexifier davantage la recherche d'alternatives énergétiques.