Le complément de garantie de pension pour les hommes, un phénomène en pleine croissance
Depuis plus d'un an, le nombre de pensionnés hommes bénéficiaires du Complément de Garantie de Pension (CGP) a explosé, dépassant désormais les 400 000 personnes, soit une augmentation de plus de 250% en un an.

Un complément créé pour les mères
Créé d'abord sous le gouvernement du Parti Populaire (PP) en 2016, le CGP était initialement réservé aux femmes avec deux enfants ou plus. Mais le Tribunal de Justice de l'Union Européenne (TJUE) a estimé en 2019 que cette exclusion automatique des hommes constitue une discrimination fondée sur le sexe.
C'est pourquoi le Gouvernement a adopté en 2021 un nouveau Complément destiné à réduire le fossé de genre dans les pensions, mais qui, dans la pratique, prévoyait des conditions d'accès différentes pour les hommes et les femmes.
Les Hommes et les Femmes dans les Statistiques
La situation a pris une tournure inattendue après la sentence du TJUE en mai 2025, qui a conclu que ces conditions supplémentaires violaient le principe d'égalité de traitement et imposaient que le Complément soit appliqué aux hommes dans les mêmes termes que aux femmes.
Les conséquences statistiques ont été immédiates et spectaculaires. Depuis la sentence, plus de 500 000 nouveaux Compléments ont été reconnus,dont environ 290 000 à des hommes et 213 000 à des femmes, ce qui représente désormais 57,5% des nouvelles attributions pour les hommes seuls.
La répartition des bénéficiaires a également évolué, passant de 13% d'hommes en mai 2025 à plus de 25% aujourd'hui.
Le Réformisme en État de Veille
Le Ministère de l'Inclusion, de la Sécurité Sociale et des Migrations a proposé fin 2025 une réforme aux partenaires sociaux, qui consistait à exiger de tous les pensionnés (hommes et femmes) qu'ils aient démontré que le natalité ou l'adoption d'enfants a affecté négativement leur carrière professionnelle. Mais cette proposition a rencontré la résistance syndicale en raison de la possible réduction du accès au Complément pour de nombreuses mères qui l'obtiennent actuellement sans avoir à justifier un impact concret sur leur vie professionnelle.
Aujourd'hui, la réforme est toujours en suspens, la Sécurité Sociale continuant d'appliquer la doctrine issue des décisions judiciaires.
