Changement d'heure : la pénibilité persiste en espagne, malgré les appels à l'abandon
La cloche sonnera à nouveau. Le changement d'heure, cette tradition annuelle qui divise l'Espagne, est programmé pour le dimanche 24 mars. Une décision qui, malgré les débats récurrents, s'impose une fois de plus. L'heure avance d'une heure cette année, passant de 2h00 à 3h00 du matin, pour amorcer l'été civil.
Le Boletín Oficial del Estado (BOE) a officialisé cette date, confirmant ainsi une mesure visant à mieux synchroniser nos vies avec les heures de lumière naturelle. L'argument principal reste l'Économie d'énergie, mais le débat sur ses bénéfices est loin d'être clos. Certains insistent sur le fait que maintenir un horaire fixe serait plus logique.
Un retour de flamme populaire
Le changement d'heure est de plus en plus contesté. Un sondage récent du CIS révèle que 65,8% des Espagnols souhaitent son abolition. Et une majorité (68,5%) préférerait définitivement l'heure d'été à l'heure d'hiver. Cette aversion est particulièrement forte en hiver, où le lever du soleil tardif est perçu comme un coup de massue pour le moral.
Mais l'histoire du changement d'heure en Espagne est plus complexe qu'il n'y paraît. Son origine remonte à 1940, une décision prise par Francisco Franco pour aligner l'Espagne sur l'Allemagne nazie. Un geste de proximité qui a modifié le fuseau horaire, passant du GMT+0 au GMT+1, et qui a laissé les îles Canaries dans une situation particulière, avec une heure en moins.
Au-delà de l'aspect biologique et économique, le changement d'heure a un impact sur l'activité économique. Les commerces profitent de la lumière prolongée pour stimuler les dépenses, encourageant les sorties et les achats après le travail. La cifra habla por sí sola : les dépenses augmentent, même si cette augmentation est souvent compensée par le coût de l’adaptation.
La question de la pertinence de cette pratique est donc loin d'être tranchée. La tendance est à l'abandon, soutenue par une majorité de la population et par une partie de la législation européenne. L’Espagne s’inscrit dans un mouvement plus large, avec la possibilité d’une suppression définitive de ce changement bimodal. Le futur de cette pratique reste incertain.
Le 24 mars, les horloges avancent. Un geste symbolique, peut-être le dernier d'un cycle qui pourrait bien s'achever. Et l'Espagne, comme le reste de l'Europe, se demande si cette tradition est encore digne de son nom.
