Crise du gaz : la guerre en méditerranée fait bondir les prix

La tension monte. L'attaque iranienne contre l'Arabie Saoudite et les attaques américaines en région ont plongé le marché du gaz dans une panique inédite depuis la crise ukrainienne de 2022. Le prix du TTF hollandais, référence européenne, a atteint ce mardi 57,7 euros/MWh, un niveau inégalé depuis janvier 2023, soit une hausse de 35 % par rapport à la veille.

Les exportations de gnl perturbées

Les exportations de gnl perturbées

Le Qatar Energy, principal producteur de gaz naturel liquéfié (GNL), a suspendu ses activités en raison des attaques iraniennes. Cette décision, qui représente une réduction de 20 % de la capacité d'exportation mondiale, exacerbe un déficit d'offre et de demande. Le trafic de GNL à travers le détroit d'Ormuz est paralysé, les compagnies maritimes évitant la zone. Les assureurs maritimes ont quant à eux interrompu les garanties pour les navires traversant le Golfe Pérsique.

La situation irano-israélienne, déjà tendue depuis plusieurs jours, a dégénéré avec des tirs de missiles et de drones sur des cibles américaines et alliées en Irak, au Syrie et au Yémen. L'Iran a clairement signifié sa volonté d'étendre le conflit, transformant la région en un foyer de tensions géopolitiques.

Les attaques sur l'Arabie Saoudite, notamment son principal complexe pétrolier, ont également eu des répercussions sur l'offre énergétique mondiale. La Garde révolutionnaire iranienne a menacé de cibler tout navire traversant le détroit d'Ormuz, ajoutant à l'incertitude et au risque pour le transport du gaz.

Le prix du gaz a déjà grimpé de près de 100 % en deux jours, un bond sans précédent depuis la crise ukrainienne. Cette flambée des prix menace les ménages et les entreprises européens, déjà fragilisés par la crise énergétique.

La situation est volatile et les prévisions restent incertaines. L'affaiblissement des réserves mondiales de GNL, combiné aux perturbations logistiques, pourrait entraîner une hausse durable des prix.

Le marché du gaz, comme le reste du monde, semble désormais naviguer dans une zone de haute instabilité.