ORIGINE DU MOT ECHOPPE

 Echoppe pourrait venir de "choppa". Ce mot en langue d'oc, signifiait boutique et en gascon, vieille  geôle, boutique. En 1482, quand le mot apparut dans les comptes du Trésorier de la Ville, Makanam, il  s'écrivait "eschoppe". A peu près à la même époque , en 1499, dans plusieurs textes , c'est le mot  "choppe" ou "choppa"(1501) qui est trouvé. Ces textes étaient rédigés, moitié en latin, moitié en  gascon, langue parlée et écrite pendant tout le XVème siècle. C'est vers 1470 que le français résonna  au milieu de la langue gasconne. Il se répandit surtout dans la noblesse, le clergé et chez les  commerçants

 
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Plus tard, un autre acte nous apprend qu'un certain Jehan tenait un office de changeur "en une eschoppe qui est en la teneur du mur de l' Ombrière ( et que ) du temps des Anglois ledit eschoppe ou habitacion, où se faisoit ledit office d'eschange, fut baillée accasée, ou rente à Arnaud Guilhem audit pris de cent solz bordelois.

La maison dont parle le Registre de la Jurade en 1482, désigne aussi un office de change. Elle était "assise" sous l'une des tours du Château de l'Ombrière, du côté et vers le pont St Jean ; c'est à dire sur la rive gauche de l'estey (Le Peugue). Plusieurs autres échoppes s'élevaient là appartenant à des artisans ou commerçants exerçant d'autres professions.

C'est ainsi que "Bernard Angevin louait une échoppe sise à côté de celle de Fortain Constance, avec une chambre au dessus. Ce dernier en louait une autre près de la porte de l'Enstralle, tenue par Helye Lambert. Amanieu Dairan, tondeur de draps, payait huit livres bourgeois pour deux hôtels avec leurs échoppes sises rue Pictevine, louées à Jehan Bulin".

Jusqu'au XVIème siècle, les échoppes hors la ville étaient rassemblées autour de la porte des Salinières et du Pont Saint Jean, où l'activité portuaire était la plus grande. Là, à l'embouchure du Peugue, sur les berges des Salinières, de la Rousselle, du Pont Saint Jean, se trouvait le centre du commerce maritime. Là aussi, se déchargeaient et se négociaient les produits d'importation, comme le sel et les graines, le poisson salé ou séché, les harengs ou les morues...

Il existait aussi quelques échoppes dans la ville sur lesquelles nous n'avons que très peu de renseignements.
Dans un dénombrement de 1553, il apparaît que Pierre Montaigne, père de Michel, était propriétaire de quatre échoppes, maisons et jardins, situés rue du Mirail.

A cette époque, à la fin du XVème siècle, la prospérité économique liée au commerce de l'Aquitaine avec l'Angleterre avait vu affluer commerçants et artisans. Ils s'installèrent hors les murs, à proximité des portes de la ville et du port. Les emplacements à bâtir devenant de plus en plus rares, les constructions envahirent petit à petit tous les espaces libres compris entre les fossés et la nouvelle enceinte. On construisit même sur la muraille.

Or, ces espaces étaient pris sur le domaine ducal. En effet, deux siècles auparavant, dans une lettre patente du 20 Décembre 1261, le prince Edouard, fils de Henri III Roi d'Angleterre, avait rappelé qu'il avait autorisé les Bordelais à conserver les maisons élevées sur et contre les murs de la ville ainsi qu'à en bâtir de nouvelles. Mais, dans cette même lettre, il avait demandé à quatorze bourgeois d'enquêter sur les padouens qui avaient été envahis ou menaçaient de l'être par de nouvelles constructions.

Des conclusions de cette enquête, il résulta un premier "règlement d'urbanisme" qui a permis aux Jurats de la Ville, les siècles suivants, de veiller entre autre, aux intérêts du Roi sur les padouens.
Ces droits furent confirmés en 1295 par le Roi de France Philippe Le Bel. C'est ainsi que les Jurats "avaient le droit de propriété" sur les espaces vacants, padouens, rues, palus et jardins, fossés, tours et terrasses, boucheries, landes, bois, rivières et cours d'eau avec pouvoir d'édifier, bâtir, de les donner à fief à qui bon leur semblerait, même auprès des murs de la Ville et d'appuyer sur ces mêmes murs.

Depuis leur origine, donc et jusqu'en 1526, les échoppes appuyées contre le mur de la ville étaient élevées sur un terrain lui appartenant.

Le 10 Mars 1525, la Jurade convoqua à l'Hotel de Ville ceux qui tenaient les échoppes pour leur enjoindre de porter les"instruments" (titres de possession) qu'ils avaient.

La gestion des échoppes a toujours été un sujet de préoccupation pour les Jurats. Périodiquement, l'un d'entre eux était chargé de surveiller leur bonne tenue, de contrôler les baux, de veiller à la commodité ou à l'incommodité des lieux.

On possède peu de renseignements sur leur aspect. Elles étaient en bois de dix pieds de hauteur maximum (3.27 mètres ). Selon l'autorisation des Jurats, leur largeur variait de sept pieds (2.27 mètres) à cinquante six pieds (18.14 mètres ). Elles étaient recouvertes de tuiles. (cf: Jacques Tribalat, "L'échoppe bordelaise")


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